VANITÉ

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Beau comme la rencontre fortuite sur un crâne de vache d’un corbeau et d’un papillon !

Tout a commencé par un crâne de vache trouvé en Navarre, au fond d’une crevasse, dans les pâturages de Sorogain. C’est très certainement une vache de la vallée des Aldudes qui, en venant paître dans les pâturages navarrais, s’est égarée dans le brouillard et n’a pas pris le bon passage.

Toutes les vaches ne meurent pas à l’abattoir, ce crâne en est la preuve.

Les pâturages des Aldudes et de Sorogain, sont comme des peintures de paradis des Cranach et Brueghel.
Tous les animaux de la terre n’y sont pas, mais la montagne habitée, à perte de vue, par les vaches, moutons, chevaux, oiseaux, ça laisse rêveur… Comme si c’était le début du monde.

Dans un coin de paradis il y a toujours une vanité. Des vautours, des corbeaux et des insectes tournaient encore autour du crâne.

Après avoir nettoyé et restauré le crâne, je l’ai déposé dans l’atelier. J’ai alors consulté un taxidermiste pour y associer un corbeau et un papillon comme pour retrouver ce moment de grâce sur la montagne de Sorogain.

Mais regarder ce motif ne suffit pas, il me faut le dessiner pour voyager. Le motif devient finalement obsédant.
« Le modèle apparaît, au fil des jours, de face, de profil, de trois quarts, en surplomb, avec ou sans ombre, avec ou sans reflet, avec ou sans couleur. Ce qui importe dans cette entreprise, c’est la nature même de l’activité qui s’exerce sur et dans cet objet : un travail de harcèlement et d’usure… »*

Pour mener à bien ce travail d’usure et de harcèlement je sollicite maintenant des artistes aux techniques différentes. L’ensemble atteindra des sommets.

*Jacques Derrida, in catalogue de l’exposition, « The Pocket Size Tlingit Coffin » de Gérard Titus Carmel, au centre Pompidou, du 1 mars au 10 avril 1978.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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